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NAIROBI, 19 octobre (Xinhua) -- Le gouvernement kenyan a fait voeu mercredi de vaincre les sympathisants de la milice somalienne Al-Shabab soupçonnés de s'être infiltrés dans plusieurs zones du faubourg résidentiel d'Eastleigh près de Nairobi.
Le secrétaire d'État kényan à la Sécurité intérieure, Orwa Ojode, a déclaré mercredi au Parlement que la sécurité avait été renforcée autour des installations stratégiques et de tous les points d'accès, ajoutant que des patrouilles étaient menées par l'armée kenyane autour de la ville.
"Le problème Al-Shabab est comme un gros animal, dont la queue serait en Somalie, et la tête cachée à Eastleigh. Une fois la situation en Somalie résolue, je mènerai une opération complète à Nairobi pour éradiquer tous les sympathisants d'Al-Shabab et d'Al- Qaïda", a déclaré M. Ojode.
Eastleigh est un faubourg de Nairobi fortement peuplé par les membres de la communauté somalienne. Elle a également été identifiée comme une base de recrutement majeur pour Al-Shabab.
Cette zone résidentielle, connue sous le surnom de "petite Mogadiscio" est aussi habitée par des émigrants clandestins somaliens qui ont réussi à s'échapper du camp de réfugiés de Dadaab.
Le secteur commercial du faubourg est également dominé par les Somaliens, et l'essentiel si ce n'est la totalité des entreprises y sont détenues par la communauté somalienne qui a beaucoup investi dans cette enclave.
La sécurité renforcée dans le pays vient en complément de l'opération actuellement menée en Somalie, et en réponse aux menaces de représailles lancées par la milice somalienne, a indiqué M. Ojode.
Le secrétaire d'État a attribué à l'afflux de réfugiés somaliens dans le pays une grande responsabilité dans la montée de l'insécurité, et mis en garde les députés contre toute volonté de politiser l'opération en cours en Somalie et celle prévue à Nairobi.
Al-Shabab a publié lundi une mise en garde menaçant d'attentats en représailles contre le Kenya, suite à la décision de celui-ci d' envoyer des troupes en Somalie voisine pour éradiquer ce groupe islamiste accusé d'avoir organisé des enlèvements et des attaques transfrontalières.
Le chef de la police de Nairobi Anthony Kibuchi a déclaré aux médias que des mesures de sécurité avaient été mises en place pour protéger la ville. "Tout commence avec nous et nous devons vaincre ces criminels qui menacent notre paix. Soyons tous vigilants à tout moment", a-t-il ajouté.
Mardi, le Kenya et la Somalie ont appelé la communauté internationale à soutenir les initiatives des deux pays pour répondre à la menace que constituent les activités criminelles des miliciens d'Al-Shabab dans la région d'Afrique de l'Est.
Les deux pays ont réaffirmé leur obligation de défendre leur souveraineté et leur intégrité territoriale respective en s' engageant à la coopération et à la collaboration ainsi qu'à la mise en commun des informations liées à la lutte contre les crimes transfrontaliers.
Cette résolution figure dans un communiqué publié à la suite d' une série de discussions entre une délégation kenyane de haut niveau dirigée par le ministre des Affaires étrangères Moses Wetangula, et des représentants somaliens dont le président du gouvernement fédéral de transition (TFG) le Premier ministre Abdiweli Mohamed Ali et des membres éminents du gouvernement à Mogadiscio.
Ces réunions, convoquées dans le contexte d'une vague croissante d'attaques armées au Kenya par les miliciens d'Al- Shabab, ont également porté sur la situation actuelle en Somalie et sur les menaces pour la sécurité dans la région d'Afrique de l' Est.
Les combattants d'Al-Shabab vaincues il y a six mois dans des opérations militaires intensives du TFG soutenu par les forces de l'AMISOM se sont redéployées de Mogadiscio à Juba près de la frontière, où certains éléments ont infiltré le Kenya pour menacer la sécurité publique et semer la crainte dans la population.
Qualifiant les combattants islamistes "d'ennemi commun" de la région, les deux gouvernements ont décidé de former une stratégie politique et de sécurité commune pour repousser la menace que font peser les bandes terroristes sur les habitants et leurs biens.
Au niveau du Parlement cependant, M. Ojode a laissé entendre que le gouvernement s'attendait à une opposition de certains kenyans aux opérations de sécurité pendant une ou deux semaines, tout en soulignant que les habitants de Nairobi seraient au final plus heureux après la fin de cette opération.
Il a réaffirmé que les rapports du renseignement indiquaient la présence de combattants présumés d'Al-Shabab à Nairobi.
Le gouvernement est préparé de manière adéquate à assurer la sécurité du pays contre les milices étrangères et "tous les autres éléments criminels".
"La police mènera des opérations de sécurité majeures ciblant Al-Shabab et tous les autres éléments criminels", a dit M. Ojode.
Cette opération fait suite à la promesse du ministre kenyan de la Sécurité intérieure, George Saitoti, à attaquer les combattants d'Al-Shabab "où qu'ils se trouvent".
Au cours des cinq semaines passées, un Anglaise et une Française ont été enlevées sur la côte du Kenya dans deux incidents séparés.
Marie Dedieu, Française de 66 ans vivant au Kenya, a été kidnappée par une dizaine d'hommes armés à l'archipel de Lamu dans l'océan Indien. Mercredi, le ministère français des Affaires étrangères a déclaré avoir été informé par des "contacts" du décès de Marie Dedieu et qu'elle serait morte de son cancer.
Le Kenya estime que le mouvement Al-Shabab, lié à Al-Qaïda, est derrière des enlèvements, y compris celui de deux membres de Médecins sans frontière au camp de réfugiés de Dabaab près de la frontière avec la Somalie.
Mercredi, des troupes kéenyanes ont atteint la région proche de la ville somalienne d'Afmadow, dans la région de Juba, qui est sous le contrôle d'Al-Shabad.