
| Rate This Article: | ||
|
De Ruhumuza,28 février 2011 à 3 h 12 min
Bonjour Ange Michel Murangwa,
Sur les FDLR, qui a établi que bon nombre d’entre eux ont pris part au génocide? Pourriez vous me donner cette source et me citer des noms de génocidaires parmi les FDLR?
Ce que je trouve étrange dans les positions de Kigali est qu’on nous présente tous les FDLR comme des génocidaires et dès que il y’en a un qui dépose les armes et retourne au Rwanda, comme par hasard, lui spécifiquement est innocent et il n y’a rien contre lui.
Pour ce qui est des éventuels crimes commis au Congo par les FDLR, attendons le procès de Callixte Mbarushimana devant la CPI. Toutes ces accusations seront passées au crible et la CPI se prononcera.
Je conviens avec vous qu’il faut cesser de tripoter l’histoire, il est en effet vrai que le décret de suppression de l’Ubuhake fût signé le 1 avril 1954 par le Mwami Rudahigwa lui même.
Mais pour Kayibanda, c’était une vaste escroquerie, car à quoi ça sert de partager les vaches sans partager les terres et les paturages? C’est l’un des combats politique que Kayibanda mènera et l’un des griefs qui conduira à la révolution. (Je vous invite à ce sujet à lire « le manifeste des Bahutu »:http://www.grandslacs.net/doc/0982.pdf)
Si l’Ubuhake avait été complètement supprimé, on peut se demander si les choses auraient tourné de la sorte.
En ce qui concerne la haine des Hutu de Kayumba, Karegeya et Gahima, je trouve que vous avez les mêmes contradictions que ceux que vous leur reprochez.
A vous lire en effet, dans votre logique, le FPR et Kagame serait un mouvement angélique qui aime toutes les composantes de la société rwandaise dont les Hutu et seuls ceux qui sont dissidents du FPR, haïssent les Hutu?
Cela me rappelle l’intervention d’Inyumba qui dit que pour les listes des génocidaires et aussi pour les personnes injustement emprisonnés, on doit demander à Gahima (go and ask Gahima), mais on est tenté de se demander, combien d’innocents le FPR a t’il libéré après le départ de Gahima?
De Murangwa1 mars 2011 a 1 :59
Bien cher Ruhumuza,
Je vous remercie d’abord pour permettre ce dialogue. Vous avez pleinement raison d’affirmer que le Décret du Roi Rudahigwa ne résolvait pas d’un trait magique tous les problèmes séculaires liés au servage. Comme l’affirme Munyangaju, Il fallait aussi qu’il soit tenu compte de la redistribution des terres que les tutsis avaient accaparé en violant la tradition.
La tradition voulait en effet que la gestion des terres soit un domaine réservé aux notables hutu et c’est la colonisation qui avait démantelé le système. Avant le manifeste Hutu, les Bwanakweri s’opposaient déjà à l’existence des domaines réservés au Mwami Rudahigwa pour « ses » Inyambo.
Le système traditionnel ne concevait pas que le roi puisse posséder terre et vaches. En somme, tout lui appartenait comme Roi, mas d’autre part, rien ne lui appartenait comme individu. Pour récompenser un Mbonyumutwa, par exemple, le roi décrétait tout simplement que Murangwa choisisse parmi son propre troupeau 10 bonnes vaches. Un notable Hutu devait « gukatira igikingi » à Mbonyumutwa. Et Murangwa et le notable s’exécutaient naturellement.
Avant la corruption du système par la colonisation, la propriété privée était une notion toute relative au Rwanda.
Malgré les recommandations du Manifeste Hutu, vous constaterez que Kayibanda ne parviendra jamais à faire une distribution correcte des terres qui appartenait de jure au peuple Rwandais et non à des individus. Il est du reste surprenant que l’opposition s’oppose aujourd’hui aux recommandations de ce manifeste qui préconisait clairement l’enregistrement des terres et la reconnaissance juridique et individuelle des propriétés « comme cela existe en occident », disait Munyangaju dans ses commentaires.
Un demi-siècle plus tard, et comme par hasard, voilà que ce soit Kagame qui mette en application les recommandations du Manifeste Hutu, et que ce soit les héritiers de Gitarama qui s’agitent.
Je conviendrai avec vous que l’enregistrement devra tenir compte des besoins de chaque famille et que les craintes de ceux qui affirment que plus de 7000 hectares pourraient passer légalement entre les mains de quelques 10 individus soient apaisées. Mais cela est une autre histoire.
Les Mbonyumutwa, Gitera, Munyangaju et Nayigiziki furent mise à l’écart par une révolution raciste et exclusive . Ils avaient pensé que cette révolution visait essentiellement à relever la masse sans tenir compte des ethnies. Kayibanda lui, ne pensait pas à la coexistence et décréta le Rwanda comme une terre exclusivement Hutu et que le tutsi n’avait d’autre choix que celui de rentrer en Ethiopie ou alors de mourir. C’est cette thèse d’exclusion qui donnera naissance aux génocides contre les tutsi (1959- 1994.
Ce fait qui constitue aujourd’hui le nœud du problème Hutu-Tutsi est malheureusement relégué au second plan par les intellectuels Hutu. SI pendant 30 ans aucun gouvernement ne s’est soucie de réintégrer les exiles tutsi dans la nation Rwandaise, le Régime de Kagame lui pense aux « Camarades »…
Vous m’accusez des certaines contradiction que je relève chez les Kigarasha national et pourrez bien avoir tort. Je suis d’avis la solution réelle est à trouver, une solution qui devra garantir à la minorité Tutsi la survie et la plaine jouissance de ses droits de citoyen quel que soit le régime en place. L’opposition qui fait référence au Kamarampaka est loin de rassurer les chatnyenzis échaudés. Il est plutôt malheureux que certains Hutu ne puissent encore réaliser pourquoi tout tutsi est par définition allergique aux mots révolution, « démocratie a la Kamarampaka et j’en passe…
Aucun tutsi ne voudrait se retrouver exclu de ses droits à la citoyenneté ou à être « génocidé » à nouveaux. Le grand crime de Kagame est celui d’être l’incarnation du rempart érigé par le FPR contre ces maux.
Apres 16 ans de pouvoir effectifs, Kagame est le seul tutsi qui soit à même d’imposer une ouverture démocratique. Les contradictions internes du Front Patriotique ne sont en rien particulières. Toute organisation humaine ne pourrait prétendre les éviter et il serait naïf de croire que nos Kigarashas soient de loin ou de près opposes aux principes fondamentaux du Front Patriotique. Si les Karegeya étaient honnêtes avec leur discours, ils seraient à ce jour membres du FDU (quand bien même il faudrait protéger notre petite Raïssa)
Le « je t’aime, moi non plus » de Karegeya et des certains hutus qui sont loin d’être naïfs ne peuvent représenter une solution véritable au problème de la cohabitation Hutu-Tutsi. Les carins intéressés à Ingabire ne visent qu’à récolter l’appui de l’occident pour mieux imposer un pouvoir dont personne ne pourrait encore déterminer les ambitions.
Il serait grand temps de réaliser que Kagame se trouve entre le marteau et l’enclume. Les récentes interventions de l’association des victimes du Génocide après le programme « Come and See » démontrent clairement que Kagame prend des risques énormes pour mener les Rwandais à la réconciliation. Le rejet de Camarade et de ses amis de la salle Bruxelles-Kigarasha n’aura par contre pas été de nature à démontrer que les extrémistes hutu souhaitent ardemment cette réconciliation.
Au sujet des génocidaires régulièrement blanchis par le régime du Front Patriotique, quelque chose de fondamental vous aurait échappé dans le discours de Kagame à la Diaspora de Bruxelles :
« ariko, nabariya bakoze ubwicanyi, iyo babyicuza, iyobasaba imbabazi, abantu barenza ho, maze tugatera imbere, kuko dushaka ko igihugu cyacu gitera imbere. » N’a- il pas été assez clair ?
Il est malheureux que l’intelligentsia hutu n’ait pas su prendre l’opportunité qui se présentait pour demander la seule forme d’amnistie qui soit acceptable, une amnistie qui serait accordé individuellement a tout repentant. Que ne demanderait on pas à Kagame de créer une commission pour ce faire ?
Je suis personnellement convaincu qu’il ne pourrait y avoir de vraies réconciliations sans amnistie et seul le President Kagame serait à même de l’imposer malgré les cris légitimes des victimes.
A propos des victimes de Gahima libérées depuis son départ, je te renvoie à mon article du 19 janvier passe. http://www.rrnonline.net/article/EDITORIAL/Ange_Michel_Murangwa/LES_KIGARASHATERIES_DES_FRERES_GAHIMA_ET_RUDASINGWA/22715
Mon Cher Ruhumuza,
Je n’ai moi-même jamais revu le Rwanda que j’ai quitté quand j’avais 9 ans. J’ai opté pour la nationalité américaine, aime mon pays, ses institutions sans égales dans le monde, et entend y demeurer jusqu’à la fin de mes jours. Les biens de mon père ont été saisis par le gouvernement Kayibanda au Rwanda. Mes frères et sœurs n’avons jusqu’aujourd’hui juge utile d’y aller pour des procès qui seraient pourtant en notre faveur.
Le regard que je porte au Rwanda est un regard d’amour pour tous sans considération raciale. je ne connais d’autre officiel Rwandais que Makuza que j’ai vu la dernière fois à l’Institut Sant Bernard de Kigali (Nous avions alors 8 ans, je crois… Au fait Je me souviens aussi d’un certain petit Mbonyumutwa a grosse tête dans ma classe) Je ne te dirai pas « Come and See », but what about a « Let ’us Go and See Together ». Je crois découvrir en toi un homme d’une intégrité morale exceptionnel, un homme capable de mener la seule vrai révolution qui convienne au Rwanda : La Révolution des esprits et non celle, inutile, dangereuse et impossible, celle du DEGAGE KAGAME.
Viens avec moi et cherchons à rencontrer cette terreur Kagame. Ecoutons-le et démontrons lui au besoin ce qui devrait être redressé pour une vrai réconciliation. Je pense que ce serait la une œuvre plus utile qu’aller écouter les élucubrations des aigris et autres Kigarashas qui a mon humble avis ne méritent pas que nous nous attardions à leurs rêveries ou sournoiseries.
Dis à mon ami Matata : « Uti Iwacu harashyushye ». Tu écris aujourd’hui que le pauvre se plaint de froid. J’apprends aussi que Madame Inyumba reviendrait bientôt à Bruxelles comme Ambassadrice. Elle pourrait peut-être lui fournir un titre de voyage ou tout au moins lui amener un manteau plus chaud en peau de zèbre, bien de chez nous.
Vale !
Ange Michel