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William et Kate, love story chaotique
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Le mariage de l'année : 1.900 invités (dont une belle brochette de têtes couronnées, Philippe et Mathilde notamment), 600.000 visiteurs supplémentaires attendus fin avril à Londres, 715 millions d'euros de retombées sonnantes et trébuchantes estimées pour le pays, 2 milliards de téléspectateurs prévus à travers le monde entier…

Vendredi 29 avril, Kate aura moins de neuf minutes pour faire le trajet, en Rolls, entre l'hôtel où elle aura passé sa dernière nuit de célibataire et l'abbaye de Westminster, où se déroulera la cérémonie religieuse. Puis, le nouveau couple princier rejoindra, en carrosse, le palais de Buckingham au balcon duquel il saluera la foule. Ensuite, la réception, le buffet (600 personnes) et le dîner, avec 300 invités.

Le mariage de William, deuxième dans l'ordre de succession au trône d'Angleterre, est l'événement le plus important dans la famille royale britannique depuis la mort de la mère du Prince, Diana, tuée dans un accident de voiture en 1997. C'est aussi, pour les futurs époux, le prolongement éclatant d'une histoire longue de déjà dix ans. La voici…

La vie d'étudiant

St Andrews, Ecosse. Tout a débuté ici. Ou presque. C'est dans cette jolie bâtisse en pierre blanche, devenue la résidence de la rectrice de l'université après avoir accueilli le département des arts, que William et Kate se croisent pour la première fois en septembre 2001. Ils entament alors leur cursus universitaire en Histoire de l'art, dans cette ville historique de l'est écossais, après avoir tous les deux passé une année sabbatique autour du globe. Ils auraient d'ailleurs déjà pu s'y rencontrer, ayant travaillé à un mois d'intervalle dans le même projet humanitaire au Chili.

Leurs premiers échanges, racontés par le biographe Christopher Anderson, ne sont pas banals : présentée par un ami, Kate fait la révérence, un geste qui surprend tellement William qu'il s'asperge avec son verre. « Je pense que je suis devenu cramoisie… C'était comme si je m'étais sabordée, je me sentais très timide », avouera-t-elle lors de l'entretien télévisé donné au moment de l'annonce du mariage, en novembre dernier. William n'en prend visiblement pas ombrage et ils deviennent rapidement proches. Proches, sans plus : ils sont alors tous les deux en couple, elle avec un de leurs camarades, Rupert Finch, alors que lui navigue entre une amie encore aujourd'hui proche, Jecca Craig, et une autre élève, Olivia Hunt.

« Les 8.000 étudiants représentent la moitié des habitants de St Andrews, explique Fraser McIntosh, l'un des représentants des étudiants de l'université, lui-même en quatrième et dernière année. Nous vivons presque en communauté et, au final, je crois qu'une personne sur quatre ou sur cinq se marie avec l'un de ses anciens camarades. L'histoire de Catherine Middleton et du prince William est donc tout à fait ordinaire. » L'université de St Andrews est d'ailleurs réputée pour être un lieu de rencontre idéal. « Lors de son discours d'ouverture de l'année universitaire, le recteur avait expliqué qu'il y avait de bonnes chances que l'on termine sa vie avec l'un de ses voisins ! », sourit Fraser McIntosh.

De fait, l'environnement paraît entièrement dédié à cet objectif. Les vieilles pierres de l'ancienne capitale intellectuelle et religieuse du monde catholique britannique, que ce soient les ruines de sa cathédrale et de son château ou ses ruelles rénovées, exhalent un charme indéniable. La magnifique résidence universitaire St Salvator où vécurent les deux futurs époux, comme les étudiants les plus chanceux de première année, ne contredira pas cette impression. Ce tableau idyllique est achevé par la présence de multiples pubs, pourvoyeurs de l'alcool indispensable aux Britanniques pour leur permettre de concrétiser intimement leurs discussions.

La vie en colocation

Le mythe veut qu'il a fallu attendre mars 2002 pour que William remarque les attraits de Catherine, à l'occasion d'un défilé de mode. Sa robe légère, vendue aux enchères à la fin du mois de mars 78.000 livres sterling (91.000 euros), et l'air ingénu mais assuré de l'apprenti modèle provoquent l'émoi chez le jeune homme, à la réputation de coureur déjà bien établie.

Officiellement, la relation est pourtant demeurée amicale et c'est à ce titre qu'ils emménagent, en septembre, avec deux camarades au 13A Hope St. L'appartement de quatre pièces est remis à neuf pour les accueillir : la porte d'entrée est blindée, des fenêtres anti-balles et des volets sont posés. Le futur roi va pouvoir connaître une vie normale.

La famille royale a choisi de l'envoyer étudier dans ce coin isolé du Royaume-Uni afin de l'éloigner tant que possible de l'attention populaire. Buckingham a ainsi obtenu un accord de principe des médias nationaux pour qu'ils n'ébruitent pas sa présence à St Andrews. Dans le même but, ses amis le surnomment « Steve » en public. Grâce à ces mesures, il a pu, comme il l'a expliqué en 2003, « pouvoir mener une vie étudiante normale comme je l'avais espéré. Je suis reconnaissant envers tout le monde et en particulier envers les locaux, qui ont permis que cela arrive. »

Fraser McIntosh, qui a débuté son cursus après leur départ, assure n'avoir entendu que du bien d'eux. « Ils se comportaient visiblement comme des gens normaux, allaient au supermarché faire leurs courses, dans les pubs, les restaurants, les cafés. Ils étaient très discrets. Tellement que lorsque je les ai rencontrés lors de la célébration des 600 ans de l'université cet hiver, ils nous ont dit être déjà revenus à St Andrews l'an dernier pour le mariage d'un ami commun. Mais personne ici n'était au courant ! »

La vie en couple

Afin de préserver un peu leur intimité, le couple, dont la relation n'est plus qu'un secret de polichinelle à St Andrews, déménage de nouveau en septembre 2003 pour un domicile plus isolé : un cottage de quatre chambres dans une résidence détenue par un distant cousin du prince Charles. Les soirées endiablées succèdent aux dîners interminables et leur maison, qu'ils partagent avec deux amis, devient le lieu à la mode de la cité écossaise.

Pendant près d'un an, leur relation se déroule idéalement, loin des caméras. Elle devient officielle lors d'un séjour au ski en avril 2004, durant lequel le couple s'embrasse devant les caméras. Les tabloïds rompent l'entente cordiale et profitent de l'occasion : enfin une potentielle épouse pour William ! L'emballement médiatique provoque un réflexe de recul de la part de l'héritier en second de la couronne. Oppressé par cette nouvelle situation, William déclare à ses amis être « claustrophobe » et le couple se sépare. Le Prince en profite pour s'envoler pour les Etats-Unis puis pour Londres. A chaque fois pour une femme, à chaque fois pour un échec.

La rupture ne dure pas et dès la rentrée de leur ultime année universitaire en septembre 2004, William et celle qui est désormais surnommée Kate par les médias britanniques se retrouvent soudés dans leur cottage. Dans les mois suivants, la jeune femme se rend à l'anniversaire du prince Charles, à la demeure royale de Balmoral, elle reçoit des cours pour savoir comment agir vis-à-vis de l'omniprésence de la presse : la voilà petit à petit intégrée à la famille royale.

La vie séparée

La fin des études marque un nouveau tournant. Diplômé de géographie (il a changé de cursus au cours de la première année, comme le lui permet St Andrews), William décide de poursuivre des études militaires. Il entre en janvier 2006 à l'académie militaire de Sandhurst, dans l'ouest de Londres, où il doit vivre pour au moins 44 semaines. Dès lors, ses contacts avec Kate s'espacent. A l'inverse, la rumeur d'une demande en mariage imminente se renforce, les bookmakers lancent même des paris sur la date des festivités : l'invitation de Kate à un déjeuner d'avant Noël en décembre 2006, une première pour une simple petite amie, confirme cette tendance.

Pourtant, une fois de plus, William se met à douter. Il revient de moins en moins à Londres. Lorsque c'est le cas il préfère danser dans les boîtes de nuit londoniennes Boujis ou Mahiki, gérée par Guy Pelly, l'un de ses amis proches, plutôt que de rejoindre sa moitié. Des photos avec d'autres filles tournent… Kate, qui travaille depuis plusieurs mois comme commerciale pour une marque de vêtement, lui pose un ultimatum : soit il s'engage envers elle, soit leur relation doit prendre fin. Le couple rompt une deuxième fois.

Kate lance alors une contre-attaque médiatique : elle s'expose en boîte de nuit, dans des bars, fait la fête et rappelle à son ancien amant qu'elle aussi apprécie cette nouvelle liberté. Opération calculée ou pas, les contacts reprennent et, dès le début de l'été 2007, les revoilà liés. Ils apparaissent régulièrement dans des restaurants de Mayfair, quartier le plus huppé de la capitale, et dans les clubs privés des alentours, où la future princesse « adore le Crack Baby, un cocktail composé de fruit de la passion, vodka, liqueur de framboise et champagne », nous explique un habitué de Boujis.

Elle change d'emploi et travaille désormais pour la société de confection d'articles pour fêtes enfantines de ses parents. Alors que tout le monde s'attend à ce que William prenne un rôle officiel au sein de la famille royale, il annonce en septembre 2008 son désir de rejoindre l'armée de l'air ! Il part vivre dans une base militaire de l'ouest de l'Angleterre et Kate demeure à Londres. S'ils ne se voient que le week-end, le couple continue à convoler : l'expérience a payé.

La vie isolée, en couple

Après cinq années de vie séparée, les deux futurs époux décident de s'installer ensemble. En janvier 2010, ils louent une maison sur l'île d'Anglesey, à l'extrême nord-ouest du pays de Galles, sur laquelle se trouve la nouvelle base militaire de William. Aux abords du village de Bordogan, le couple vit dans une maison louée 750 livres (875 euros) par mois. Pour préserver leur sécurité, le bureau du prince Charles interdit aux médias britanniques d'en dire plus sur son emplacement et même d'indiquer son nombre de chambres !

Ils vivent dans ce coin perdu du pays dans une sérénité qu'ils ne retrouveront sans doute jamais. « Ils sont juste comme n'importe quel couple amoureux, jusqu'à ce que vous remarquiez qu'ils ont des gardes du corps armés à la table d'à côté, raconte au Daily Mail l'un des serveurs du restaurant White Eagle, à Rhoscolyn. Le prince William boit normalement de la bière blonde pression, Kate plutôt un verre de vin blanc. Il a l'air de bien aimé nos hamburgers maison et nos frites, elle préfère le poisson et les salades. »

Décidément, un vrai petit couple anglais, tout à fait normal.

 
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